Actualité intellectuelle et philosophique, Jared Diamond : Bouleversement (septembre 2020)

Recension de Bouleversement de Jared Diamond (Philomag)

Lien : https://www.philomag.com/articles/bouleversement-de-jared-diamond

En pleine crise mondiale, le biologiste et géographe Jared Diamond, le théoricien de « l’effondrement », nous donnerait-il une leçon de pensée positive ? Son dernier livre, Bouleversement (Gallimard, 2020), qui paraît cette semaine en France, peut se lire comme un traité de la résilience des nations et prendra à revers les collapsologues. En comparant l’histoire récente de sept pays (Finlande, Allemagne, Japon, États-Unis, Chili, Australie, Indonésie), Diamond examine, sur le modèle de la crise existentielle de l’individu, les processus par lesquels le bouleversement les a obligés à changer… ou pas.

Qu’est-ce qu’une crise réussie ? Qu’elle soit causée par un événement soudain (par exemple, l’invasion soviétique de la Finlande en 1939, le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973…) ou qu’elle résulte d’une évolution lente (la modernisation du Japon et son ouverture au commerce occidental sous l’ère Meiji), elle ne laisse rien intact de la situation passée. Accepter de changer est une sorte d’obligation de survie.

De la psychologie, Jared Diamond retient une douzaine de facteurs qui influent sur le dénouement d’une crise personnelle : reconnaître la crise, s’auto-évaluer honnêtement, s’inspirer de modèles, s’appuyer sur ses expériences antérieures, sur l’aide des autres et sur « la force du moi »… Ces critères, il les transpose à l’échelle collective d’un pays : consensus national sur la crise, reconnaître sa responsabilité, tirer la leçon de modèles extérieurs, s’appuyer sur son expérience historique, sur l’aide d’alliés et sur la solidité, donc la souplesse, de l’identité nationale, etc.

  • Objection : la transposition du plan individuel et psychologique au plan collectif et historique est-elle valide ?
  • La réponse de Diamond : comparer n’est pas assimiler. La démarche comparatiste s’apparente à la métaphore, qui permet de faire comprendre des situations complexes en les ramenant à des situations connues de tout un chacun.
  • Exercice : élargissons l’échelle à la planète, puisque, diagnostique Diamond, les crises présentes et futures seront globales (changement climatique, pandémies, menace nucléaire, épuisement des ressources, inégalités mondiales…) et ne pourront être résolues que mondialement. Alors, nous prenons la mesure du problème : il n’y a consensus mondial ni sur les crises, ni sur les responsabilités, nous ne pouvons nous appuyer sur aucun modèle extérieur et aucune expérience historique à cette échelle. Mais « l’identité mondiale » est peut-être en train de se construire, pas à pas, avec la prise de conscience que le monde est interdépendant.
  • Conclusion de Diamond : faut-il une crise pour changer ? Oui parce que « un grave problème qui nous frappe motive plus que la lointaine perspective ou le lent développement d’un problème tout aussi grave. »

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