Auteurs et courants, Platon

Denys l’Ancien et Platon

Sur les traces de Denys l’Ancien, le tyran paranoïaque de Syracuse

REPORTAGE – Il fit de Syracuse le siège d’une tyrannie qui lui permit d’étendre son hégémonie sur la Grande Grèce. Sa quête tient du jeu de piste dans l’une des plus belles villes de Sicile.

Cet article est extrait du Figaro Hors-Série «Sicile éternelle», qui consacre à l’île italienne un numéro double de 170 pages, magnifiquement illustré, où revivent son histoire, ses charmes et ses beautés.

Denys l'Ancien et Platon dans Auteurs et courants
Le Figaro

Il a donné son visage à la tyrannie, alors même que nous ne savons, en réalité, rien de certain de lui. Les monnaies qu’il fit frapper en abondance pour financer ses armées de mercenaires ne portent pas son effigie. Les histoires qu’on rapporte à son sujet sont suspectes: il aurait, dit Diodore, redouté à tel point qu’on attente à sa vie qu’il portait une cuirasse sous sa tunique, faisant mettre à mort ou exilant, sur un simple soupçon, jusqu’à ses plus proches amis. Cicéron raconte dans ses Tusculanes qu’il se faisait raser la barbe, chaque matin, par ses propres filles. Encore exigeait-il qu’elles la lui brûlent au moyen de coques de noix avec lesquelles il leur aurait été difficile de lui trancher la gorge si, d’aventure, elles en avaient eu envie. Il avait fait tuer son mignon favori pour avoir ri d’une plaisanterie où il avait été question de lui ôter la vie ; entouré le pavillon où il couchait d’un fossé qu’on ne pouvait franchir que par une passerelle dont il relevait les planches pour la nuit. Soucieux d’apparaître comme un champion de l’hellénisme, il avait, dit encore Diodore, fait concourir plusieurs de ses quadriges à Olympie, où il avait envoyé en outre des rhapsodes chargés de psalmodier ses propres poèmes en public. Ils avaient suscité l’hilarité et les lazzi, tandis que ses quadriges se fracassaient à terre ou qu’ils quittaient la piste. Cela n’avait pas éteint en lui la passion de la poésie: il avait fait jeter dans les latomies, les carrières qui lui tenaient lieu de prison d’État, un poète coupable d’avoir, au cours d’un banquet, mésestimé ses vers. Lui accordant le lendemain sa grâce à la demande de ses amis, il en avait, le vin aidant, récité d’autres, et lui avait demandé à nouveau son avis. Lui, avait, sans répondre, réclamé qu’on le raccompagne aussitôt à sa latomie.

Les anecdotes sont invérifiables. Elles nous sont rapportées par des écrivains qui ont vécu plusieurs siècles après lui. Et elles témoignent surtout de la réprobation que suscitait, chez les intellectuels de la fin de la République romaine, un régime qui s’était, comme celui de Pisistrate à Athènes ou ceux que l’oligarchie spartiate avait méthodiquement éradiqués du Péloponnèse au VIe siècle avant J.-C., appuyé sur le peuple pour écarter du pouvoir l’aristocratie à laquelle ces auteurs réservaient leur sympathie. Son histoire avait été écrite, de son vivant, par l’un de ses amis, Philistos, mais ses livres ont été perdus. Elle ne nous est désormais plus connue que par ceux de ses ennemis.

La cathédrale de Syracuse. La façade du XVIIIe siècle masque l’opisthodome du temple d’Athéna.
La cathédrale de Syracuse. La façade du XVIIIe siècle masque l’opisthodome du temple d’Athéna. MDJ

Denys l’Ancien s’était imposé à Syracuse, après l’échec athénien en Sicile en 413 avant J.-C., à la faveur de l’irruption d’un nouvel adversaire: ces Carthaginois installés depuis plusieurs siècles au nord-ouest de l’île, et qu’avaient victorieusement repoussés les Grecs à la bataille d’Himère (480 avant J.-C.), mais qui prétendaient de nouveau, en cette fin du Ve siècle avant J.-C., imposer leur hégémonie. L’historien Timée de Taormine (IVe-IIIe siècles avant J.-C.) nous le décrit comme un géant aux boucles blondes, le visage constellé de taches de rousseur. On l’a dit de basse extraction (le fils d’un ânier selon le grammairien Helladius!), mais cela même relève du parti pris: il avait appartenu, jeune homme, au proche entourage d’Hermocrate, le chef du parti aristocratique de Syracuse, qui avait mené sa cité à la victoire contre l’invasion athénienne, et que le peuple s’était ensuite empressé de frapper d’exil. Plus heureux que son mentor, qui avait échoué à tirer vengeance de ses concitoyens en s’emparant les armes à la main de sa propre patrie, il avait dû son pouvoir, à vingt-cinq ans à peine, à son habileté manœuvrière, son éloquence retorse, qui lui avaient permis d’arracher au peuple, en 406 avant J.-C., la destitution des généraux syracusains coupables d’avoir laissé les Puniques s’emparer sans combattre d’Agrigente, suivie de sa propre nomination comme stratège, et de la prompte élimination de ceux qui avaient été élus avec lui.

Seul commandant en chef des troupes syracusaines (stratège autokrator), doté des pleins pouvoirs, il n’avait guère brillé, d’abord, sur les champs de bataille: c’est à la faveur d’une épidémie de peste qu’il avait obtenu des Carthaginois une trêve aux termes de laquelle il leur avait abandonné tout l’ouest de la Sicile, et avait dû lui-même renoncer au contrôle que Syracuse exerçait jusqu’alors à l’est, sur Leontinoi, Catane, Naxos et Messine. Il avait excellé en revanche à cultiver sa popularité auprès des soldats en augmentant leur solde grâce à la confiscation des biens de l’élite aristocratique, en même temps qu’à emporter l’adhésion de la foule que subjuguaient, à l’Assemblée, ses exhortations à l’emporte-pièce. Se proclamant lui-même «tyran» de sa patrie, et protégé par une garde de mille hommes qui formaient une armée à son service, il s’abstint d’abroger aucune des institutions civiques (une inscription témoigne de la persistance d’archontes, d’une boulè, de triérarques, de stratèges sous son régime). Il ne les vida pas moins de leur contenu en peuplant l’assemblée du peuple, sur laquelle s’appuyait, à l’occasion, son pouvoir, d’étrangers et d’anciens esclaves dotés du droit de cité ; en exilant ses adversaires, dont il distribuait les terres à ses affranchis, et en réservant les postes de commandement militaire à ses amis. Il avait épousé la fille d’Hermocrate, pour se rallier les partisans du sauveur de la ville. Il prit prétexte de la menace punique pour fortifier le cœur historique de la cité, l’île d’Ortygie, reliée au continent par une étroite digue, et s’y construire un port de guerre, des arsenaux et une forteresse où il se réfugierait avec ses compagnons, sa flotte, ses mercenaires lorsque ses adversaires susciteraient une sédition contre lui.

Neuf années seraient dès lors consacrées à préparer la reprise de la guerre en renforçant prodigieusement l’armée de Syracuse, développant une industrie d’armement qui verrait ses ingénieurs mettre au point les premières catapultes, capables de projeter des boulets de pierre, aussi bien que des arbalètes susceptibles de tirer des flèches si puissantes qu’elles perçaient, disait-on, plusieurs rangs ennemis. À asseoir surtout sa domination par la construction d’une flotte de plusieurs centaines de navires, le recrutement de mercenaires italiens, siciliens ou grecs, qui lui permettraient de soumettre les Sicules et de s’assujettir peu à peu la plupart des villes grecques de l’île (rasant Naxos et Catane, qui lui avaient résisté, il avait, pour l’exemple, réduit leurs habitants en esclavage) sous prétexte de les fédérer contre l’ennemi punique.

Au printemps 397 avant J.-C., il avait enfin relancé la guerre en s’emparant de la place forte des Carthaginois: l’île de Mozia, à l’extrémité occidentale de la Sicile. Ponctuée par une succession de succès, de revers, d’épidémies, de sièges, de sacs de villes, de déportations, de massacres (il avait crucifié, à Mozia, tous les Grecs qui avaient pris parti contre lui), elle ne lui permettrait sans doute pas de remporter sur eux une victoire définitive: elle ne l’en verrait pas moins étendre en Calabre, en Basilicate et jusque sur les îles de l’Adriatique une hégémonie qui allait faire de lui la première puissance du monde grec, consolider à son profit une monarchie qui préfigurerait par son faste, ses mœurs orientales, les royautés hellénistiques.

Il avait, à la mort de la fille d’Hermocrate, épousé le même jour deux femmes, l’une issue de l’aristocratie syracusaine, l’autre originaire de Calabre et porteuse de prometteuses alliances en Italie: c’est d’elle qu’il aurait son fils et successeur, Denys le Jeune. Il avait fait amener la première jusqu’aux marches du temple d’Athéna sur un quadrige de chevaux blancs, et fait venir la seconde sur un navire à cinq rangs de rameurs, décoré d’ornements d’argent et d’or. Il avait, disait-on, consommé les deux mariages durant la même nuit. S’entourant d’intellectuels et d’artistes, il donnerait à Platon horrifié (il l’avait attiré en 388 avant J.-C. à sa cour par l’intermédiaire de son jeune beau-frère Dion, devenu l’un de ses disciples) le spectacle d’une succession de «folles dépenses», de nuits où l’on ne couche jamais seul, «de banquets et de beuveries» (Lettre VII).

À gauche: gargouille du château d’Euryale. À droite: plaque commémorative d’un cavalier, IVe siècle avant J.-C. (Syracuse, Museo Archeologico Regionale Paolo Orsi). La tyrannie de Denys s’appuya sur le peuple, au sein duquel il avait intégré des étrangers et des esclaves, parfois des populations déportées d’autres villes qu’il avait détruites, contre l’aristocratie des «cavaliers» qui fomentèrent contre lui plusieurs séditions.
À gauche: gargouille du château d’Euryale. À droite: plaque commémorative d’un cavalier, IVe siècle avant J.-C. (Syracuse, Museo Archeologico Regionale Paolo Orsi). La tyrannie de Denys s’appuya sur le peuple, au sein duquel il avait intégré des étrangers et des esclaves, parfois des populations déportées d’autres villes qu’il avait détruites, contre l’aristocratie des «cavaliers» qui fomentèrent contre lui plusieurs séditions. MDJ

De ce règne haut en couleur, il ne reste à Syracuse que peu de témoignages. L’île d’Ortygie n’évoque plus aujourd’hui que la douceur de vivre, avec ses belles places de pierre, ses façades baroques, ses rues étroites et claires, ses quais baignés par le soleil, offrant une vue splendide sur la courbe immense du grand port où avaient été piégées les trières athéniennes, son mail planté de ficus centenaires couvrant de leur ombre épaisse la promenade au bord de la mer. Le palais de Denys a été détruit au milieu du IVe siècle avant J.-C., lorsque, après avoir vaincu les Carthaginois qui menaçaient à nouveau la ville, le Grec Timoléon chassa définitivement Denys le Jeune de Syracuse, et si l’île demeure fortifiée, elle le doit au château formidable que fit bâtir à sa pointe, mille cinq cents ans plus tard, Frédéric II de Hohenstaufen, et aux remparts qu’a fait construire trois cents ans après lui Charles Quint.

À douze mètres au-dessus du niveau de la mer, le temple d’Athéna, qui couronnait l’acropole d’Ortygie, a, lui aussi, disparu: on découvre son péristyle enchâssé dans le mur extérieur de la cathédrale ; sa cella percée d’arcades en sépare les trois nefs. Cicéron l’avait décrit comme l’un des plus riches du monde grec par ses décorations en or, ses peintures. Il avait été construit par les Syracusains au Ve siècle avant J.-C., pour célébrer leur participation décisive à la victoire d’Himère. Pillé par les Romains, transformé par les Byzantins en église au VIIe siècle (il fut alors réorienté pour en aménager la porte entre les colonnes de l’opisthodome où était conservé, à l’arrière, le trésor de la déesse), reconverti en mosquée par les Arabes, réaménagé par les Normands, qui en surélevèrent le toit et surmontèrent de créneaux les triglyphes de la frise dorique, le sanctuaire, désormais ouvert sur l’immense place en forme de navire dessinée par un architecte naval pour tenir lieu de centre-ville, a été nanti au XVIIIe siècle d’une splendide façade baroque dont les volutes de pierre blonde, l’ordonnancement complexe des colonnes, où se multiplient les effets d’ombre et de lumière, semblent prendre, à plaisir, le contre-pied de la simplicité dorique, et ne laissent guère suspecter la présence d’un temple captif.

Le temple voisin, d’Artémis, est moins visible encore: on suppose que ses restes sont enfouis sous l’hôtel de ville. Celui d’Apollon, le plus ancien de l’île, près du port (il remonte sans doute au début du VIe siècle avant J.-C.), n’est plus guère que l’ombre de lui-même: transformé lui aussi en église, en mosquée puis en caserne, il a été «dérestauré» durant les années 1930, sur ordre de Mussolini, par la destruction des ajouts médiévaux ou modernes qui en avaient dénaturé l’architecture, sans que ce retour aux sources antiques ne laisse subsister plus que quelques tambours alignés devant un entrecroisement de murs.

Les traces laissées par Denys à Syracuse, ce sont essentiellement celles des remparts qu’il avait fait édifier autour de la ville ; vingt-sept kilomètres de fortifications, des murs de 3,5 à 5,5 mètres d’épaisseur et de dix mètres de haut, défendus par une succession de tours au sommet desquelles étaient installées des catapultes: le plus grand ensemble défensif édifié durant l’Antiquité classique, plus étendu que l’enceinte de brique qu’Aurélien construirait, sept cents ans plus tard à Rome. Denys y avait employé, selon Diodore, pas moins de soixante mille ouvriers libres, six mille attelages de bœufs. Ils lui avaient permis de déplacer trois cents tonnes de pierres par jour. On a découvert en 1977 les soubassements de la porte fortifiée qui défendait, près du port, Ortygie. On peut en admirer surtout, sur les hauteurs de Syracuse, la clé de voûte, le château d’Euryale. Au sommet du plateau des Epipoles, où s’étaient installés quelques années plus tôt les envahisseurs athéniens, aussi bien que, plus tard, les aristocrates qui s’étaient soulevés contre la tyrannie de Denys, il domine de sa silhouette massive le port et la ville, à la pointe occidentale du dispositif. Défendu, à l’ouest, par trois immenses fossés taillés dans la pierre, cinq tours qui étaient garnies de balistes, il est édifié sur une roche abrupte qui surplombe la mer à l’est, au nord et au sud, offrant à la vue un panorama à couper le souffle. Des galeries à toit incliné, percées de meurtrières, rendaient ses défenseurs invisibles. Un réseau de souterrains en dessert encore les différentes parties. De puissants murs de pierre émergent des hautes herbes sous le ciel pur.

Le nom de Denys est attaché à l’une des latomies de Syracuse: dans ces immenses carrières de calcaire, les Syracusains faisaient extraire par des esclaves ou par leurs prisonniers de guerre les pierres qu’ils utilisaient pour leurs monuments publics. C’est dans l’une d’entre elles (la latomie des Capucins) qu’avaient été enfermés sept mille soldats athéniens au lendemain de leur défaite. Au terme de huit mois d’une captivité au cours de laquelle on ne leur fournissait chaque jour qu’une mesure d’eau (vingt-cinq centilitres) et deux mesures de blé (cinquante), la plupart y étaient morts de froid, de faim et de fatigue. Une autre, contiguë au théâtre, est appelée depuis le XVIIIe siècle la latomie du Paradis. Ses immenses voûtes de calcaire se sont effondrées sur elles-mêmes à la faveur d’une succession de tremblements de terre. Elle a laissé la place à un luxuriant jardin, planté d’orangers et de citronniers, de jacarandas, de lauriers roses, de magnolias et de palmiers, tapissé de fleurs d’acanthe, semé de roches géantes comme au terme d’un combat de Titans et surmonté, au centre, par un immense pilier de pierre, rescapé de l’ancienne structure et désormais vainement dressé vers le ciel.

Une grande faille oblongue s’ouvre dans la paroi de pierre qui ferme l’horizon de cet éden. Elle donne sur une grotte sinueuse et étroite, sur les hautes parois de laquelle on distingue encore la trace des coups de masses des captifs. En fuite en Sicile pour échapper, à Rome, à une accusation de meurtre, puis à ses démêlés avec les chevaliers de Malte, auprès desquels il avait d’abord trouvé refuge, Caravage est passé par ici en 1608. Sensible à la beauté du site, à la sauvagerie de ses falaises, à la douceur des parfums qui émanent de ce jardin surgi sur les ruines de l’enfer, il était venu y lire Diodore et Thucydide. Son imagination a fait le reste. Remarquant qu’un conduit souterrain reliait mystérieusement le sommet de la grotte obscure à une chambre aménagée au sommet du théâtre (en réalité un portique bâti pour tenir lieu de foyer et de promenoir), il a voulu croire que le tyran s’y enfermait pour espionner, de là, les conversations de ses prisonniers, et a baptisé la grotte «l’Oreille de Denys». L’appellation pouvait être fantaisiste, elle lui est restée depuis.

Le théâtre antique de Syracuse. «Le théâtre était un rituel religieux, une catharsis des passions», raconte Marina Valensise, conseillère déléguée de l’Institut national du drame antique (Inda). Chaque année, de mai à juillet, face au coucher du soleil, l’Inda y fait représenter les chefs-d’œuvre du théâtre antique en langue italienne (ici, Médée d’Euripide), pour lesquels fut fondée l’Académie d’art du drame antique, à Syracuse.

Le mieux conservé des monuments contemporains de la tyrannie de Denys est de fait, tout près de là, paradoxalement, ce théâtre où se tenait l’Assemblée du peuple qu’il avait maintenue et aux réunions de laquelle il se rendait entouré de ses gardes du corps pour décourager ses adversaires d’y contester sa politique. Restauré au IIIe siècle avant J.-C. par le roi Hiéron II, et amputé plus tard de ses plus hauts gradins de pierre grise par Charles Quint, qui les utilisa pour fortifier Ortygie, et qui surmonta en outre le monument d’une tour de guet afin de surveiller une mer infestée de Barbaresques, il a conservé l’économie générale qu’il avait au Ve siècle avant J.-C., et qui faisait de lui l’un des plus vastes du monde grec. Un aqueduc creusé, après Himère, par les prisonniers carthaginois du tyran Gélon amenait de l’eau en cascade au sommet de l’édifice, dans une grotte des nymphes décorée de statues.

On rejoue ici chaque année de mai à juillet le répertoire du théâtre antique: Eschyle, Sophocle, Euripide ou Aristophane. Denys se piquait lui-même d’écrire des tragédies. L’ironie de l’histoire veut qu’apprenant, en 367 avant J.-C., que lors des fêtes des Lénéennes, au cours desquelles un concours opposait à Athènes les plus célèbres dramaturges, sa Rançon d’Hector avait obtenu le premier prix de tragédie (les Athéniens, affaiblis, recherchaient alors son alliance contre Thèbes), il avait fêté ce triomphe par une telle beuverie qu’il y avait laissé la vie. Ce que n’avait pu obtenir pendant trente-huit ans la foule immense de ses ennemis, et à quoi avaient échoué des guerres meurtrières, des complots innombrables, survint par le seul fait d’un accès de vanité littéraire. Sic transit gloria mundi.

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